André Seurre, artiste-verrier

Avec cette passionnante publication, le Conseil Consultatif des Habitants des Chaprais et des Cras poursuit son remarquable travail de recherches engagé voilà de nombreuses années et nous permet de découvrir, une fois encore, tout ce qui fait, au travers de ses habitants et de son patrimoine, la richesse de ce quartier.

Il est question, cette fois, d’André Seurre, artiste-verrier de renom dont l’atelier se trouvait au n° 13 de la rue de la Rotonde, et qui repose depuis 1977 au cimetière des Chaprais.

André Seurre, peut-être un peu oublié aujourd’hui, mais qui fut, après-guerre, avec la discrétion et la courtoisie qui étaient siennes, une de ces personnalités du monde des arts alors foisonnant à Besançon, entre talents reconnus depuis longtemps et jeunes gens légitimement ambitieux à l’avenir prometteur.

C’est l’époque heureuse des expositions, des salons et des vernissages qui réunissaient autour des oeuvres et de leurs créateurs le monde enthousiaste des amateurs et des curieux ; et le temps de l’enseignement prodigué avec succès dans une école des Beaux-Arts déjà renommée. Wittmann, Bréchat, Gilles, Oudot, Bourgeois, Pillot, Legardeur, Boucton, Thirode, Laethier, Walgenwitz, Ricardon et les galeristes Demenge ou Sala, pour se limiter à l’évocation de ces quelques noms, sont alors parmi les acteurs reconnus de la création artistique dans ces temps de prospérité retrouvée.

André Seurre en est le familier, l’ami. Sans doute un peu plus solitaire dans la pratique d’un art qui le conduit au chevet des sanctuaires où il participe à la révolution d’un genre en pleine renaissance grâce, tout particulièrement, à l’activité magistrale de la Commission d’art sacré et à ses responsables visionnaires.

Messagier, Bazaine, Léger, Dürrbach, Couturier, le Moal, Le Chevallier, Bony, sont les acteurs de ce grand mouvement, attirés ici par la vitalité et l’audace de la réflexion qui s’est engagée là, des Breseux à Pontarlier et d’Audincourt à Besançon.

L’art d’André Seurre s’enrichit au contact de ces stimulantes expériences et de ces instants enthousiastes auxquels il va participer pleinement. Après avoir beaucoup travaillé aux sanctuaires de la Loire, on le voit, à Besançon, à Saint-Louis de Montrapon, à Saint-Pierre, à Saint Pie X, au Musée des Beaux-Arts et dans de nombreuses localités comtoises où ses créations participent avec intelligence et bonheur à ce courant qui fera date.

Ami des artistes, ses pairs auprès desquels il partageait l’enthousiasme et la connivence de ces décennies-là, André Seurre reste bien présent parmi les maîtres du vitrail d’alors. Et la publication qui s’ouvre ici est un hommage légitime au véritable créateur qu’il fut et à celui qui cultivait la discrétion comme une qualité essentielle.

Bonne lecture à vous !